Pixels de suivi : êtes-vous en conformité avec la CNIL ?

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À titre personnel, cet été, vous avez peut-être reçu de nombreux emails de vos commerces préférés parlant de pixels de suivi et vous invitant à consentir ou non à leur utilisation. Ces messages faisaient suite à l’adoption définitive d’une recommandation de la CNIL de 2026. Mais vous êtes aussi un professionnel, à la tête d’un e-commerce, d’une TPE-PME de services, ou même entrepreneur indépendant. À ce titre, vous envoyez des courriers électroniques, dans le cadre d’une newsletter par exemple…. Et sans doute n’avez-vous pas encore pris le temps de savoir si vous étiez en règle avec la CNIL.

Cette histoire de pixels de tracking vous semble peu claire ? Lexactitude éclaire votre lanterne sur ce qu’est un pixel de suivi, et en quoi ce type de tracker est problématique au regard de la protection des données personnelles. Vous saurez quelle est la réglementation de la CNIL en la matière et comment vous mettre facilement en conformité. C’est parti !

👾 Les pixels de suivi en bref

  • Un pixel de suivi est une image invisible insérée dans un email : l’expéditeur sait si le message a été ouvert, quand, et sur quel appareil.
  • Dans sa recommandation du 14 avril 2026, la CNIL le traite comme un cookie : le consentement préalable est la règle.
  • Le consentement est requis pour : la mesure de performance, la personnalisation, le profilage et la détection de fraude. Le suivi des clics n’est pas directement visé par la recommandation, mais relève de l’article 82 de la Loi Informatique et Libertés.
  • Deux exceptions strictes : la sécurité liée à l’authentification, et le simple suivi de la délivrabbilité du mail.
  • Sont notamment concernés les expéditeurs et les prestataires d’emailing.
  • Pour les adresses collectées avant le 14 avril 2026, l’information avec possibilité de s’opposer (opt-out) devait partir avant le 14 juillet 2026.
  • Les adresses collectées après le 14 avril 2026 nécessitent un consentement préalable (opt-in).

Un pixel de suivi c’est quoi ?

Un pixel de suivi est une minuscule image, de la taille d’un simple point, que l’expéditeur glisse dans son courrier électronique sans qu’on la voie. Le pixel de suivi en anglais s’appelle « tracking pixel » : c’est pourquoi on parle aussi de pixel de tracking. Le fichier de l’image ne voyage pas avec le message : il reste sur un serveur extérieur. À l’ouverture de l’email, la messagerie du destinataire interroge ce serveur pour l’afficher, et cette requête signale à l’expéditeur (ou à son prestataire) que le message vient d’être lu.

À quoi servent les pixels de suivi ?

Par exemple, un pixel de suivi permet à l’expéditeur de déduire :

  • que l’email a bien été ouvert ;
  • le jour et l’heure de la lecture ;
  • le type d’appareil utilisé (ordinateur, mobile, tablette) ;
  • la zone géographique approximative du lecteur, estimée à partir de son adresse IP.

Ces informations peuvent être utiles pour traquer les habitudes et la fréquence de lecture des abonnés, segmenter les contacts en repérant leurs centres d’intérêt, mais aussi sécuriser la connexion à un site depuis un email ou détecter des anomalies.

Le destinataire, lui, ne voit rien et n’a rien demandé. Techniquement, l’affichage de l’image oblige son appareil à transmettre des informations à celui qui a placé le pixel. C’est pourquoi la CNIL y voit un traceur, qui relève donc de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, au même titre que les cookies d’un site web.

Quel est le risque des pixels de suivi en matière de protection des données ?

Le risque des pixels de suivi au regard des données personnelles tient à :

  • Des données personnelles collectées à l’insu de la personne : adresse IP, appareil, heure d’ouverture, localisation approximative, rattachés à une adresse email identifiable ;
  • Un profilage à l’insu des destinataires, avec parfois un ciblage dans d’autres contextes, hors mail (sites web, applications) ;

En outre, une boîte mail est un espace privé, de confiance. Cela fait du pixel de suivi un traceur invisible et intrusif, et la CNIL indique recevoir de plus en plus de signalements et de plaintes sur le sujet.

📝 À noter : le cadre juridique autour des pixels de suivi est double : la CNIL dans sa recommandation se réfère à l’article 82 de la loi Informatique et Libertés (qui concerne plus largement les cookies et autres traceurs). Ensuite, le RGPD s’applique à tout ce que vous faites des données collectées.

Côté sanctions, les amendes les plus connues visent pour le moment les cookies. Pour rappel, en 2025, la CNIL a prononcé 21 condamnations pour des manquements liés aux cookies et traceurs (dont Google pour 325 millions et Shein pour 150 millions). Mais les petites structures ne sont pas à l’abri !

Que dit la recommandation de la CNIL sur les pixels de suivi ?

Dans sa recommandation publiée le 14 avril 2026 sur les pixels de suivi, la CNIL précise qui est concerné, ainsi que les règles de consentement auxquelles se conformer.

Qui est concerné par la recommandation du 14 avril 2026 ?

Toutes les structures qui décident d’envoyer des emails et recourent à des pixels : entreprises, associations, organismes publics.

  • L’expéditeur (décideur) est responsable du traitement.
  • Le prestataire d’emailing est un sous-traitant au sens du RGPD.
  • Le prestataire qui fournit la technologie de suivi est aussi sous-traitant.

S’ils exploitent aussi les pixels pour leurs propres besoins, vous pouvez devenir coresponsables de traitement donc il est préférable de définir les obligations de chacun.

Les courriers électroniques concernés peuvent être une newsletter, un email transactionnel ou un message interne. Un outil d’emailing ou un CRM n’implique pas automatiquement qu’un pixel est utilisé : il faut vérifier les emails effectivement envoyés. Les messageries fermées, comme l’espace sécurisé d’une banque, reposent sur un autre protocole.

Les pixels de suivi exemptés de consentement

Des exceptions existent (point 3.2 de la recommandation), uniquement dans le cadre d’emails demandés par le destinataire ou liés à un service qu’il a demandé (confirmation de commande, suivi de livraison, facture, réinitialisation de mot de passe, rappel de rendez-vous) :

  • Sécuriser une authentification : par exemple, contrôler qu’un email contenant un code de connexion s’ouvre bien sur un appareil que l’utilisateur emploie déjà.
  • Mesurer la délivrabilité : le pixel doit servir uniquement à repérer les destinataires inactifs pour réduire ou arrêter les envois.

Les pixels de suivi nécessitant le consentement

Le principe depuis le 14 avril 2026 est celui d’un consentement préalable, libre, spécifique, éclairé et univoque aux pixels de suivi, sauf exception. Le consentement est donc requis pour :

  • Mesurer les ouvertures pour optimiser vos campagnes (personnalisation, rythme, canal)
  • Profiler les contacts pour les cibler hors email
  • Détecter une fraude (ouvertures anormales ou massives)
  • Mesurer l’ouverture pour la délivrabilité hors cas précédent

Vous ne savez pas quels pixels de suivi se cachent dans vos outils et vos formulaires, et vous n’êtes pas certain d’être en règle avec la CNIL dans d’autres domaines (site internet, cookies, etc.) ? Un audit RGPD avec Lexactitude passe vos traitements de données en revue et vous remet un plan d’action pour remédier aux manquements.

Comment être en règle avec les pixels de suivi pour vos courriers électroniques ?

Voici 5 règles édictées par la recommandation de la CNIL qui valent pour tous les pixels de suivi de courrier électronique non exemptés.

#1 Informer sur la portée du consentement

Avant de choisir, le destinataire doit comprendre précisément ce qu’il accepte. La CNIL recommande :

  • un intitulé court par finalité, accompagné d’un bref descriptif ;
  • l’identité des responsables du traitement : vous et, le cas échéant, les sociétés tierces ;
  • l’adresse email concernée, et le fait que le suivi s’applique sur tous les appareils où la personne consulte ses emails ;
  • un accès facile à l’information détaillée (lien ou bouton déroulant).

⚠️ À retenir : consentir à l’envoi d’e-mails ne revient pas à consentir aux pixels de suivi.

#2 Recueillir un consentement libre

Depuis le 14 avril 2026, le consentement doit être donné avant tout suivi (au moment où vous collectez l’adresse). Vous pouvez aussi le demander plus tard, par un email qui ne contient lui-même aucun pixel.

Pour que le consentement soit libre :

  • un consentement par finalité. Un consentement unique est toutefois possible pour la prospection personnalisée et les pixels qui y contribuent directement (personnalisation du contenu, fréquence d’envoi) ;
  • le refus doit être aussi simple que l’acceptation ;
  • évitez toute pression disproportionnée, comme gêner la lecture de l’email ;
  • enregistrez le choix de chaque personne : en cas de refus, ne redemandez pas le consentement avant au moins 6 mois ;
  • le consentement doit être explicite et positif : un silence est lu comme un refus, et pas de consentement automatique par ouverture du lien.

#3 Permettre le retrait du consentement

Retirer son consentement doit être aussi simple que le donner. La CNIL recommande un lien dans le pied de page de chaque email. S’il mène vers une page web, le retrait doit se faire sans ressaisie de l’adresse. Une fois le retrait enregistré, plus aucun suivi ne doit avoir lieu sur les emails à venir.

#4 Pouvoir prouver le consentement

Vous devez pouvoir démontrer le consentement de chaque personne et les conditions dans lesquelles il a été recueilli. Si c’est un tiers (prestataire, loueur de listes) qui le collecte pour vous, vous devez pouvoir vérifier, par des audits par exemple, que le consentement a bien été recueilli pour votre compte. Gardez ces preuves avec le reste de votre documentation de conformité, comme votre registre RGPD.

#5 Le mettre en place sur son outil d’emailing

La plupart des pixels viennent de votre outil d’emailing. Pour désactiver le pixel de suivi sur Brevo, paramétrer le pixel de suivi Mailjet, ou sur tout autre prestataire de courrier électronique, reportez-vous à l’aide de votre outil pour connaître la marche à suivre.

Ce que vous devez faire pour être en règle avec la CNIL :

  • vérifier les pixels de suivi actifs et pour lesquels un consentement est nécessaire ;
  • désactiver les traceurs par défaut pour les nouvelles adresses mails récupérées ;
  • limiter le suivi au strict nécessaire ;
  • s’assurer du délai de conservation des données et de leur sécurisation ;
  • faire le point sur la conformité de votre outil d’emailing au RGPD

Mails sur les pixels de suivi : 2 exemples

Vous voulez vous mettre en règle auprès de votre liste email ? Voici 2 exemples de mails de pixel de suivi à envoyer. Ils sont à adapter à votre structure et à votre cas.

Exemple 1 : la case à cocher du formulaire d’inscription depuis le 14 avril 2026 (opt-in)

☐ J’accepte que [nom de votre structure] utilise des pixels de suivi dans les emails envoyés à cette adresse, sur tous mes appareils, pour savoir si j’ouvre les messages, à quelle heure et sur quel appareil, afin d’adapter le contenu et la fréquence des envois. [En savoir plus]

⚠️ Attention : ne pré-cochez pas la case. Le consentement exige un acte positif. Le lien « En savoir plus » peut renvoyer vers votre politique de confidentialité, avec le détail des finalités.

Exemple 2 : le mail d’information aux adresses collectées avant le 14 avril 2026 (opt-out)

Objet : Vos emails et nos pixels de suivi

Bonjour [prénom],

Nos emails contiennent des pixels de suivi : de petites images invisibles qui nous indiquent si vous avez reçu et si vous ouvrez nos messages. Nous les utilisons pour [finalité précise]. Ce suivi concerne l’adresse [adresse du destinataire], sur tous les appareils où vous consultez vos emails.

Conformément aux recommandations de la CNIL, vous pouvez vous y opposer à tout moment : [Je m’oppose au suivi]. Vous continuerez à recevoir nos emails.

L’absence de réponse vaut refus.

Pixels de suivi : mettez votre emailing en règle sans attendre !

Les pixels de suivi ne sont pas interdits, mais hormis quelques exceptions, il vous faut le consentement de vos destinataires. Vous devez le recueillir clairement, l’enregistrer et le faire retirer en un clic. Si vous n’avez pas encore informé vos contacts, le délai du 14 juillet 2026, qui permettait de vous contenter d’une information sur les pixels à vos destinataires, est dépassé. Alors faites vite le point sur vos listes, vos formulaires et votre outil d’emailing et n’oubliez pas de solliciter le consentement de vos destinataires quand il est obligatoire. Vous ne savez pas par où commencer ? Contactez Lexactitude et nous passons ensemble votre solution d’emailing au crible !

FAQ - Vos questions sur les pixels de suivi

Rien ne vous y oblige. En tant que destinataire, vous pouvez refuser : votre silence vaut refus et vous continuez à recevoir les emails. Accepter permet à l’expéditeur d’adapter ses envois, refuser limite le suivi de vos ouvertures. En tant qu’expéditeur, la question est inversée : l’avis de la CNIL est que, sauf exception, vous devez obtenir un consentement avant d’utiliser un pixel de suivi.

Un pixel est un traceur soumis à l’article 82 de la loi Informatique et Libertés : consentement préalable, sauf pour les opérations strictement nécessaires au service demandé ou qui facilitent la communication électronique. Le RGPD s’applique ensuite aux données collectées.

La recommandation de la CNIL publiée le 14 avril pose le consentement préalable comme règle dès que le pixel mesure les ouvertures pour optimiser, personnaliser ou profiler. Seuls échappent à cette règle, sous conditions strictes, la sécurité liée à l’authentification et le repérage des inactifs pour la délivrabilité. Le consentement se recueille dès la collecte de l’adresse, doit pouvoir être prouvé et se retirer facilement.

Cherchez en bas de l’email un lien de gestion du suivi. À défaut, écrivez à l’expéditeur pour exercer votre droit d’opposition. Vous pouvez aussi bloquer le chargement automatique des images dans votre messagerie, selon ses paramètres : le pixel n’est alors pas affiché.

Le pixel est une image hébergée sur un serveur distant. À l’ouverture de l’email, la messagerie la réclame à ce serveur, et la requête, qui porte des paramètres propres au destinataire, indique à l’expéditeur que le message a été ouvert.

Contactez Lexactitude pour vos pixels de suivi

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